BELARE 2008-2009

31/01/2009

JANVIER 2009 : retour de l’expédition BELARE (BELgian Antarctic Research Expedition) à bord de l’Ivan Papanin, cargo brise-glace russe affrété par lIPF et parti de Capetown (Afrique du Sud) pour ravitailler trois stations de l’antarctique : Troll (Norvège), Princesse Elisabeth (Belgique) et Neumayer (Allemagne).

Dans le cadre du CAML (Census of Antarctic Marine Life) et en compagnie de deux  autres observateurs (Alain Debroyer et Henri Robert), ce périple de 9000 milles (17 000 km) à travers les 30èmes, 40èmes, 50èmes et 60èmes parallèles nous a offert l’opportunité d’observer un large échantillon de l’avifaune subantarctique et antarctique ainsi que de nombreux pinnipèdes et cétacés. La méthodologie est la suivante : les comptages d’oiseaux et mammifères se font en continu lorsque le bateau est en mouvement et que la luminosité le permet. Toutes les 30 minutes, la position GPS est enregistrée, ainsi que l’état de la mer et des conditions météorologiques, le type  de glace et le degré de couverture de la banquise.

trajet BELARE 2008-2009

Les trois stations de l’expédition BELARE 2008-2009 :

- Neumayer : Allemagne

- Troll (=Five East) : Norvège

- Princesse Elisabeth (=Crown Bay) : Belgique


Ivan Papanin amarré à la banquise antarctique (70°Sud, 23°Est). Ce cargo brise-glace russe de 160 mètres est capable de briser une banquise jusqu'à deux mètres d'épaisseur.

Ivan Papanin amarré à la banquise antarctique (70°Sud, 23°Est). Ce cargo brise-glace russe de 160 mètres est capable de briser une banquise jusqu'à deux mètres d'épaisseur.

Alain Debroyer en action de comptage d'oiseaux pélagiques dans les Quarantièmes. L'utilisation de jumelles 10x42 posées sur un monopode permet de scanner l'horizon sans fatigue pendant plusieurs heures.

Alain Debroyer en action de comptage d'oiseaux pélagiques dans les Quarantièmes. L'utilisation de jumelles 10x42 posées sur un monopode permet de scanner l'horizon sans fatigue pendant plusieurs heures.

OISEAUX : l’avifaune des eaux subantarctiques est nettement dominée par la famille des plus pélagiques des oiseaux : les procellaridés (pétrels, océanites, albatros et puffins). Nous en verrons 40 espèces, dont 8 d’albatros (hurleur, royal, timide, fuligineux, à dos sombre, à tête grise, à bec jaune, à sourcils noirs). Les deux meilleures espèces du voyage appartiennent aussi à cette famille : Pétrel de Barau (1 ex. à 39°S/17°E) et Puffin à lunettes (9 ex. entre 36 et 34°S/17°E). Une fois dans les glaces antarctiques, la diversité chute brusquement et se limite à 8-10 espèces, dont les manchots empereur et adélie.

Pétrel de Barau - Barau's Petrel (Pterodroma baraui) : observation étonnate de cet endémique de l'île de la Réunion, loin au sud-ouest de ses quartiers d'hivernage habituels

Pétrel de Barau (Pterodroma baraui) : observation étonnante de ce nicheur endémique rare de l'île de la Réunion, loin au sud-ouest de ses quartiers habituels. Photo Alain Debroyer.

Puffin à lunette - Spectacled Petrel (Procellaria conspicillata) : un endémique rare de l'île Inaccessible (Tristan da Cunha) dont nous n'osions espérer l'observation.

Puffin à lunette (Procellaria conspicillata) : un nicheur endémique de l'île Inaccessible (Tristan da Cunha) dont nous n'osions espérer l'observation.

Océanite de Wilson - Wilson's Storm-petrel (Oceanites oceanicus) : ces procellaridés se posent fréquemment sur les bateaux qui croisent au large des côtes antarctiques

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) : ces petits procellaridés se posent fréquemment sur les bateaux qui croisent au large des côtes antarctiques

MAMMIFERES : 11 espèces de cétacés et 3 espèces de phoques (+ 2 d’otaries) ont été rencontrées au cours du périple. Les observations les plus remarquables sont celles de grandes densités de Baleines à bosse (minimum de 170 individus le 9 janvier), de trois espèces de baleines à bec entre 35 et 40°Sud (4 Ziphius de Cuvier, 1 Hyperoodon austral et 3 Mésoplodons de Gray) et de trois Phoques de Ross en mer de Lazarev. L’absence d’observations du Phoque léopard est étonnante, si on considère le temps passé dans la glace, notamment à proximité de colonies de Manchots empereurs.

Ces deux ailerons dorsaux appartiennent à des Mésoplodons de Gray (Mesoplodon grayi). L'observation de mésoplodons est un privilège rare et cette rencontre restera l'un des moments forts de notre expédition.

Ces deux ailerons dorsaux appartiennent à des Mésoplodons de Gray (Mesoplodon grayi). L'observation de mésoplodons est un privilège rare et cette rencontre restera l'un des moments forts de notre expédition.

Phoque de Ross (Ommatophoca rossii) en mer de Lazarev : ce phoque à la silhouette caratéristique est très difficile à observer, ne fréquentant que les zones de banquise les plus denses.

Phoque de Ross (Ommatophoca rossii) en mer de Lazarev : ce phoque à la silhouette caratéristique est très difficile à observer, ne fréquentant que les zones de banquise les plus denses.

1. BELARE 2008-2009 : synthèse des observations faunistiques (pdf)

2. Voir les photos de l’expédition BELARE 2008-2009